Pourquoi les entreprises privilégient le plateau unique
Lorsqu’elles recherchent de nouveaux bureaux, de nombreuses entreprises expriment une réticence face aux solutions multi-plateaux. Leur préférence va clairement au plateau unique.
Cette attente n’a rien d’un caprice : elle traduit un besoin réel de cohésion d’équipe, de communication fluide et de lisibilité organisationnelle.
Dans des secteurs comme la tech, la finance ou les cabinets d’avocats, où la rapidité des échanges est critique, ce critère revient systématiquement lors des recherches immobilières.
Études à l’appui : le plateau unique, un vrai levier de performance
Plusieurs travaux démontrent l’impact de l’aménagement des bureaux sur la performance :
- La courbe d’Allen (MIT) prouve que les échanges informels chutent fortement dès que des collaborateurs sont séparés par un étage.
- Le Leesman Index, qui mesure la performance perçue de millions de m² de bureaux dans le monde, montre que les bureaux multi-plateaux affichent des scores plus faibles en collaboration et en sentiment d’appartenance.
- Les recherches de Harvard et de Space Syntax confirment que les ruptures spatiales freinent l’innovation et favorisent la fragmentation organisationnelle.
👉 Autrement dit, privilégier un plateau unique en open space constitue un levier objectif de performance immobilière et RH, et pas une simple préférence esthétique.
Relativiser : trois nuances essentielles pour choisir entre plateau unique et multi-plateaux
1. Les différences entre plateau unique et bi-plateaux sont modestes
Les données issues du Leesman Index (indices de performance perçue) montrent des écarts limités :
| Dimension évaluée | Plateau unique | Deux plateaux | Trois plateaux et + |
|---|---|---|---|
| Soutien à la collaboration | 76 / 100 | 72 / 100 | 59 / 100 |
| Sentiment d’appartenance | 74 / 100 | 70 / 100 | 55 / 100 |
| Image et fierté | 71 / 100 | 68 / 100 | 57 / 100 |
| Productivité perçue | 70 / 100 | 67 / 100 | 61 / 100 |
👉 L’écart entre plateau unique et bi-plateaux est de seulement 3 à 6 points.
Le vrai point de rupture se situe à partir du troisième plateau. Avec des conditions bien pensées (équipes regroupées, connexion verticale fluide comme un atrium ou un escalier ouvert, et un hub commun tel qu’une cafétéria), un bi-plateaux reste performant.
2. Les grands plateaux ont aussi des limites
Dans le contexte parisien, où la profondeur des plateaux dépasse rarement 30m, les effets négatifs apparaissent dès 1500–1 800 m² :
- distances internes trop longues (au-delà de 30 m, les échanges chutent),
- bruit de fond difficile à contenir,
- coûts d’aménagement élevés (zonage, hubs, atriums).
👉 Dans bien des cas, un bi-plateaux de taille moyenne est plus efficace et plus rationnel qu’un plateau unique de 3 000 m² mal conçu.
3. Le nombre de plateaux n’est qu’un facteur parmi d’autres
La performance d’un espace de travail repose avant tout sur des fondamentaux incontournables :
- Qualité de l’air, de la lumière et de l’acoustique, qui impacte directement la santé et la productivité.
- Équilibre entre espaces de concentration et espaces collaboratifs, pour soutenir toutes les activités.
- Accessibilité et localisation, critères déterminants pour attirer et fidéliser les talents.
👉 Sans ces fondamentaux, même le plus beau plateau unique ne garantit pas de bien-être en entreprise ni de performance durable.
Conclusion : choisir ses bureaux au-delà du “plateau unique à tout prix”
Les attentes des entreprises en matière de cohésion et de communication sont légitimes. Mais considérer que le plateau unique est la seule réponse est une vision simpliste.
La démarche la plus efficace consiste à :
- Vérifier les fondamentaux (air, lumière, acoustique, accessibilité).
- Analyser l’organisation spatiale (taille optimale d’un plateau, pertinence du bi-plateaux, cohérence des équipes).
- Arbitrer selon le marché et la stratégie (croissance, image de marque, coûts).
👉 Dans de nombreux cas, le bi-plateaux bien conçu s’avère une solution performante, pragmatique et mieux adaptée au contexte immobilier parisien.